Théologie – Définition

La théologie, est un ensemble de champs disciplinaires qui concernent d'une manière ou d'une autre l'idée de Dieu ou de divin. Selon la tradition dont il est question, les définitions de la théologie peuvent varier grandement.

Théologie et foi

La théologie nécessite-t-elle un rapport croyant, une relation existentielle, à son objet ? Il s'agit déjà d'une interrogation théologique, qui n'admet pas de réponse simple. De même que selon Luther la foi justifiante est différente de la fides historica, il existe un habitus théologique qui ne prouve pas la justification et la sanctification du théologien, ni sa vocation. Personne ne peut établir en toute objectivité l’existence de ce rapport croyant, à moins de confondre l’aveu de la foi et la réalité de celle-ci. Par ailleurs, en Europe la théologie est aussi une discipline universitaire, enseignée dans des facultés ou instituts sans qu'une adhésion personnelle des étudiants aux contenus étudiés soit demandée.

Abélard est à l'origine de la distinction entre discours théologique et religieux ; entre les écrits rationnels décrivant Dieu et ses interactions avec les humains et les énoncés religieux tels que prières, rites…

Théologie négative

Par opposition à la théologie positive ou encore théologie cataphatique, on appelle théologie négative ou apophatique celle qui ne définit jamais positivement Dieu mais lui prête seulement des attributs négatifs (exemple on ne dira pas de Dieu qu'il est éternel mais non-mortel : « Ô Dieu immortel aie pitié de nous »).

Ce type de discours théologique repose sur une thèse, qui est que le langage des hommes est inadéquat pour traiter dans toute leur dignité les attributs divins. Ce serait doublement dévaloriser Dieu : un jugement étant composé d'un sujet et d'un prédicat, faire de Dieu le sujet de notre jugement, c'est l'objectiver, et lui accoler un prédicat, c'est lui prêter des propriétés qui, en droit, pourraient être assignées à d'autres objets. C'est utiliser le mythe qui est une « formation de compromis » entre le divin et l'humain. Mais le mythe en parle très mal : en dégradant l'invisible en visible d'où la démythologisation (Rudolf Bultmann).

Transcendant les limites de la pensée et du langage humains, la nature de Dieu serait proprement indicible. C'est pourquoi on pourrait inlassablement énoncer ce qu'il n'est pas, jamais ce qu'il est vraiment.

Une radicalisation de la théologie négative pourrait être de prendre comme point de départ du travail théologique la thèse de Wittgenstein: « Ce dont on ne peut pas parler, il faut le taire » (Tractatus Logico-philosophicus)

Théologie philosophique ou naturelle

La théologie naturelle désigne la discipline philosophique qui traite de la nature de Dieu et de ses attributs connus par la seule raison, sans jamais recourir à la Révélation.

Elle s'efforce de dégager de manière argumentée et déductive les propriétés de Dieu. Par exemple, Augustin appuie sa théologie sur la philosophie de Platon, tandis que Thomas d'Aquin prolonge la Métaphysique d'Aristote.

On peut parler de théologie naturelle pour certains systèmes philosophiques, comme ceux de Descartes ou de Leibniz ; ceux-ci élaborent notamment des preuves de l'existence de Dieu, telles que l'argument ontologique, et s'efforcent de démontrer les attributs divins : éternité, perfection, bonté, toute-puissance, etc.

Mais cette approche philosophique est parfois critiquée : on lui reproche notamment sa froideur, et l'absence éventuelle de recours à la foi, à l'instar de Blaise Pascal qui invoque dans les Pensées le « Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants ». En outre, si la raison peut rapprocher certains philosophes de la religion, elle peut tout aussi bien les en éloigner, et étayer l'athéisme ou l'agnosticisme.

Source: wikipedia.org

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